Écriture

le libre élan de l'âme...

2019

 

Mon Aimé

Sur les sampans de la Sylve éperdu de joie

mon souffle se faufile

encre nos veines de volutes carmines

odorant l’écorce hyaline de confidences fiévreuses...

 

Soudain

dans un vertige inouï

& comme au jour de l’appel

les larmes inondent nos visages

soupirent d’un profond enthousiasme

 

Nos corps se souviennent...

 

2013

 

« Temps difficiles, temps affreux, disent les hommes. Mais le temps c'est nous ! Tels nous sommes, tels sont nos temps... »

Saint Augustin

354 - 430

 

Pour que la vie devienne nôtre, accueillir ces temps difficiles, affreux, jusqu'à la butée, & là, renaître à la Lumière... doucement... Au fil du temps, traversé par les clairs-obscurs, les doutes & les peurs, puis l'œil & le cœur engagés comme la promesse d'un temps nouveau, mon respir s'appuie sur le tempo de mon sang que je sens pulser par delà mon corps de chair...

La vie se cueille encore & encore & se fane encore & toujours... mais je fais le choix de sentir chaque parcelle du Temps qui m'est offert comme le cadeau du siècle...

 

à B.M.

30 juin 2012

 

Guillochis de poudre d’ivoire

brûlé au firmament

je traverse le temps...

 

2011

 

« Le vent souffle où il veut & tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va... »

Dans ce tourbillon

Poussières & cendres se recueillent

Excellent dans une ronde

où le jour devient nuit

où le silence résonne dans l'infini

où le temps psalmodie la vie...

 

à N.M.

avril 2011

 

 

À la chandelle de l'exode de nos silences...

Dans un mouvement incessant et délicat

Nos lèvres caressent nos corps nus

Un souffle coruscant coule dans nos veines

Éveillent la fibre hyménéenne de nos espérances

Nous transportant jusqu'au crépuscule de nos entrailles pacifiées Nos regards s'apaisent

Se fondent dans l'infini

Et par delà le voile de nos errances

Épris en secret de frissons enchanteurs

Nous sommes respirés par la Lumière

 

à G.S.

mars 1994

 

...

Sinope, d'un geste sûr, ouvrit la lourde porte :

il resta sans voix : tant de beauté, d'éclats ! Des bruissements, des craquements... Il referma la lourde porte & commença à gravir les spirales de pierre blanche, soutenues par des racines sinueuses, tortueuses. Le voyage le long du chemin l'enivrait & peu à peu, son corps l'abandonna, le livrant à une force inconnue. Porté par un souffle hyalin, il affronta une pente devenue raide...

Au détour d'une marche, il y eut comme un éclat vif, suivi d'un fracas gigantesque, comme si le ciel venait de se durcir & de s'effondrer.

...

Des pierres blanches suintèrent, délivrant une odeur de soufre, de genévrier, de pin. Par les meurtrières, des nuées s'amassaient, présageant la venue d'un orage violent. La foudre tomba près de la tour. Les marches semblèrent gémir sous les assauts du vent, tout un univers de plaintes, de rumeurs, de frissonnements...

Son corps tremblait, de la sueur perlait aux bords de ses lèvres, ses oreilles sifflèrent... Un bruit sourd heurta les murs, il sursauta.

Un éclair l'aveugla, il suffoqua. Il crut même que l'escalier de pierre blanche se dérobait sous ses pieds, l'entraînant dans les profondeurs de la terre dans une colère fantastique. Son cœur battait fort... Alors il prit le voile blanc que la vieille femme lui avait remis, & lentement enveloppa son corps meurtri. Recroquevillé, il écoutait les bourrasques soulever la poussière, les fracas de tonnerre assourdir l'espace...

 

1997

 

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